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Reprise de bétonnage : réussir le joint entre béton frais et béton durci

La reprise de bétonnage, ou joint entre béton frais et béton durci : où la placer selon le DTU 21, comment préparer et coffrer le joint, assurer sa continuité et son étanchéité.


Key Takeaways
Une reprise de bétonnage est le joint entre une coulée durcie et une coulée fraîche. Sa position se décide en conception (NF DTU 21), dans les zones de faible sollicitation. La qualité tient à trois gestes : éliminer la laitance, rendre la surface rugueuse et humidifier sans détremper, puis coffrer un about franc et étanche. Un contreplaqué filmé plan et rigide donne un about net et limite la perte de laitance, sans remplacer la préparation du joint.
Reprise de bétonnage : réussir le joint entre béton frais et béton durci

Une reprise de bétonnage, c'est le moment où l'on coule du béton frais contre un béton déjà durci. Sur un chantier, cela arrive à chaque fois qu'une coulée s'arrête et qu'une autre reprend plus tard : entre deux levées d'un voile, à la jonction radier-voile, entre deux passes de dalle. Le joint qui en résulte doit assurer la continuité mécanique de l'ouvrage, et souvent son étanchéité. Mal traité, il devient le point faible de la structure.

Deux cas à distinguer d'emblée. La reprise planifiée est prévue en conception : sa position figure sur les plans d'exécution, dans une zone où les sollicitations sont faibles. La reprise accidentelle, elle, résulte d'un arrêt imprévu (panne de pompe, intempérie, fin de journée non anticipée). La première se prépare ; la seconde se rattrape. Cet article traite surtout de la première, parce que c'est là que le travail se gagne.

Qu'est-ce qu'une reprise de bétonnage

Le béton n'adhère pas spontanément sur un support durci comme il le fait entre deux couches fraîches. À l'interface, la liaison dépend de trois choses : la propreté du béton durci, sa rugosité, et la qualité de mise en œuvre de la nouvelle coulée. Sans laitance en surface, avec une rugosité suffisante et un béton frais bien vibré au contact, on retrouve une continuité proche de celle du béton monolithe. Avec une surface lisse, poussiéreuse ou couverte de laitance, on obtient un simple plan de glissement.

Où placer les reprises

La position d'une reprise ne s'improvise pas sur le chantier. Elle se détermine en conception et se reporte sur les plans d'exécution, dans les zones de moindre sollicitation : à mi-travée plutôt qu'aux appuis pour une poutre, hors des zones de moment maximal. Le NF DTU 21, qui régit l'exécution des ouvrages en béton, encadre ce choix et rappelle que la reprise doit être traitée, pas seulement subie.

Sur un voile, on cale les reprises horizontales à la hauteur d'une levée de coffrage. Sur un poteau, on reprend en pied de plancher. L'idée reste la même : décider à l'avance où le béton va s'arrêter, pour pouvoir y placer un about propre plutôt que de laisser la coulée mourir n'importe où.

Reprise horizontale ou verticale

Une reprise horizontale correspond à l'arrêt d'une levée sur un voile ou un mur : le béton frais viendra se poser dessus à la coulée suivante. La gravité aide au contact, mais la laitance a le temps de remonter et de se déposer en surface, d'où l'importance du traitement.

Une reprise verticale se rencontre à l'arrêt d'une dalle ou d'un radier en cours de coulée, ou à la jonction entre deux plots. Là, on coffre l'about avec un arrêt de bétonnage vertical, souvent en métal déployé ou avec un stop-end, qui retient le béton tout en laissant une surface rugueuse propice à l'accrochage. Fondations, poteaux, voiles, dalles : chaque configuration a sa contrainte, mais le principe d'un about franc et d'une surface préparée ne change pas.

Préparer la surface de reprise

C'est l'étape qui fait la différence. Sur le béton durci, il faut éliminer la laitance, cette pellicule de fines et de ciment qui remonte en surface et n'a aucune résistance. Selon l'âge du béton, on procède par repiquage, par hydrodémolition légère, ou par brossage énergique sur béton encore vert. L'objectif est double : une surface propre et une rugosité qui offre de la prise.

Juste avant la nouvelle coulée, on humidifie le support sans le détremper : un béton durci sec pomperait l'eau du béton frais et affaiblirait l'interface. Quand le cahier des charges l'exige, on applique une barbotine de ciment ou une résine d'accrochage de type PCC pour renforcer la liaison. Ces produits ne remplacent pas la préparation mécanique ; ils la complètent.

Un contrôle visuel simple suffit souvent à valider la préparation : la surface doit laisser voir les granulats, sans film de laitance grisâtre, et rester rugueuse au toucher. Le moment du traitement compte aussi. Sur béton encore vert, un brossage suffit à ouvrir la surface ; passé quelques jours, il faut repiquer, ce qui demande plus de temps et de matériel. Anticiper la reprise dès la première coulée évite ce surcoût et donne une interface plus régulière.

Coffrer la reprise proprement

La reprise se prépare avec le coffrage, pas après. À l'arrêt de coulée, on met en place un about de reprise : un coffrage d'arrêt qui ferme la section et retient le béton. Le métal déployé laisse passer un peu de laitance et crée une surface rugueuse idéale pour l'accrochage ; un stop-end plein donne un about net qu'il faudra ensuite repiquer. Pour la continuité des armatures, on ménage des boîtes d'attente ou des aciers en attente selon le ferraillage.

Le point qui se joue à l'interface peau coffrante–about, c'est l'étanchéité du coffrage lui-même. Un joint serré côté peau évite les fuites de laitance qui, en s'échappant, laissent des nids de cailloux et une ségrégation locale à l'arrêt. Une peau plane et rigide donne un about franc, sans épaufrure, facile à traiter à la reprise suivante. Nos gammes de contreplaqué filmé pour coffrage, comme Pro Form (contreplaqué phénolique WBP, EN 636-3, jusqu'à 20 réemplois) ou Form Extra (colle mélamine MUF à plus haute teneur, Classe 2 / EN 636-2, jusqu'à 15 réemplois), servent précisément à tenir cet about net, coulée après coulée. La gamme contreplaqué filmé couvre les formats européens 2500×1250 mm privilégiés en France.

Étanchéité de la reprise

Dans les ouvrages enterrés, les cuvelages ou les structures soumises à une pression d'eau, la reprise devient un point d'étanchéité à part entière. On y intègre alors des joints waterstop, posés dans l'axe du joint avant la coulée, ou des joints hydrogonflants qui se dilatent au contact de l'eau et referment l'interface. Le choix dépend de la classe d'étanchéité visée et du type d'ouvrage ; ce n'est pas un réflexe systématique, mais un point à traiter dès la conception quand l'eau est en jeu.

Erreurs fréquentes

Les défauts de reprise se ressemblent d'un chantier à l'autre. La laitance non éliminée arrive en tête : elle transforme le joint en plan de glissement. Vient ensuite la surface trop sèche, qui pompe l'eau du béton frais, ou au contraire trop lisse, sans rugosité d'accrochage. Une reprise mal positionnée, placée dans une zone de forte sollicitation faute de l'avoir prévue en conception, fragilise directement la structure.

Le dernier classique tient au coffrage d'arrêt qui fuit. Quand l'about n'est pas étanche, la laitance s'échappe et laisse à la reprise des nids de cailloux et une ségrégation locale du béton. Ce n'est pas un défaut du béton livré : c'est un défaut de mise en œuvre à l'arrêt de coulée, souvent lié à un coffrage mal serré. Les mêmes causes produisent d'ailleurs le bullage en parement, un défaut de surface distinct mais voisin.

Le rôle de la peau de coffrage, dit honnêtement

Soyons clairs sur ce que fait la plaque et ce qu'elle ne fait pas. La peau coffrante ne crée pas la qualité de la reprise : celle-ci dépend d'abord de la préparation de surface, du positionnement et du traitement du joint. Ce que la plaque apporte, c'est un about franc, une peau plane qui limite la perte de laitance et un parement soigné là où l'about reste visible. Elle enregistre la qualité de la mise en œuvre, elle ne la remplace pas.

Vu d'une usine de contreplaqué, la nuance compte : on nous demande parfois une plaque « qui règle le problème des reprises », et la réponse honnête est qu'une bonne peau facilite un bon geste sans se substituer à lui. Le coffrage rigide et étanche est une condition, pas une garantie. La suite du cycle, le décoffrage, dépend elle aussi de cette planéité. Pour le phasage d'un voile et le calage des reprises horizontales, notre guide du coffrage de voile béton détaille la mise en œuvre.

À propos de Vinawood

Vinawood est un fabricant vietnamien de contreplaqué, établi en 1992, qui exporte plus de 5 000 conteneurs par an vers plus de 55 pays. Nos gammes de contreplaqué filmé pour coffrage sont marquées CE selon la norme EN 13986 et certifiées FSC et PEFC, en formats européens 2500×1250 mm. Chaque plaque passe un contrôle qualité individuel avant expédition. Un contreplaqué filmé reste un matériau résistant à l'eau, jamais imperméable : c'est la préparation du joint et l'étanchéité du coffrage qui font la reprise, la plaque donne l'about net qui les met en valeur. Pour un projet de coffrage en France, parcourez notre gamme filmé ou contactez notre équipe pour un devis.

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Sources & References (3)
  1. Reprise de bétonnageInfociments (2024)
  2. NF DTU 21 — Exécution des ouvrages en bétonAFNOR / CSTB (2017)
  3. EN 636:2012+A1:2015 — Contreplaqués. SpécificationsCEN (2015)

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Quick Answers

Qu'est-ce qu'une reprise de bétonnage ?
C'est le joint créé lorsqu'on coule du béton frais contre un béton déjà durci, par exemple entre deux levées d'un voile ou deux passes de dalle. Ce joint doit assurer la continuité mécanique de l'ouvrage, et souvent son étanchéité. Bien traité, il se rapproche d'un béton monolithe ; mal traité, il devient un plan de glissement.
Où placer une reprise de bétonnage ?
La position se détermine en conception et se reporte sur les plans d'exécution, dans les zones de moindre sollicitation (à mi-travée plutôt qu'aux appuis). Le NF DTU 21 encadre ce choix. On évite de laisser la coulée s'arrêter au hasard : on décide à l'avance où placer un about propre.
Comment traiter une reprise de bétonnage ?
On élimine la laitance du béton durci par repiquage ou brossage, on crée une rugosité d'accrochage, puis on humidifie le support sans le détremper juste avant la nouvelle coulée. Une barbotine ou une résine d'accrochage de type PCC peut renforcer la liaison quand le cahier des charges l'exige, en complément de la préparation mécanique.
Reprise horizontale ou verticale : quelle différence ?
Une reprise horizontale correspond à l'arrêt d'une levée sur un voile ; la laitance a le temps de remonter, d'où l'importance du traitement. Une reprise verticale se coffre avec un arrêt de bétonnage (métal déployé ou stop-end) qui retient le béton tout en laissant une surface rugueuse propice à l'accrochage.
Faut-il un joint waterstop sur une reprise ?
Uniquement pour les ouvrages enterrés, les cuvelages ou les structures soumises à une pression d'eau. On intègre alors un joint waterstop ou hydrogonflant dans l'axe du joint avant la coulée. Ce n'est pas systématique, mais un point à traiter dès la conception quand l'eau est en jeu.